vendredi 2 décembre 2016

1) BIOGRAPHIE DE MARC SCHWEIZER


Écrivain, Plongeur, Nègre, Vagabond, Libraire, Éditeur



Enfant de l’amour, Pierre Genève (Marc Schweizer) est né en 1931 à Monaco de parents suisses allemands vivant maritalement à Nice : Emil Benz, douanier, originaire de Leibstadt (Argovie) et Elfried Höhener de Thal St Gall.


Lorsque la famille regagna la Suisse, en 1936, et s’installa à Genthod près de Genève, le jeune Kurt-Emile Höhener (selon l’acte de naissance établi par l’état civil de Monte-Carlo), porta, par convenance sociale selon la coutume helvétique, le patronyme de son père naturel : Benz.

C’est sous ce nom qu’il fut inscrit à «l’école enfantine» puis à l’école primaire de Genthod où il eut comme maître Henri Baumard, le fameux Oncle Henri de la Radio suisse romande.

Après la séparation de ses parents naturels, en 1941, sa mère se maria. Emil (surnommé familièrement Miggeli, ou Buebli) fut adopté par-devant un juge de la Chambre des Tutelles, par un beau-père d’origine thurgovienne qu’il exécra. L’atmosphère familiale devenant orageuse, l’enfant fut mis en pension. Le home d’enfants des sœurs Gangloff à Rougement, puis à Château d’Oex lorsque le chalet eut brûlé, l’accueillit. Il y fut très heureux.

Mais l’expérience fut de courte durée. En 1945, Emil il vivra à la pension Les Violettes, à Nyon (Canton de Vaud), dirigée par Marcel Dupertuis. Il sera scolarisé jusqu’en 3e au Collège de cette charmante cité du bord du lac Léman, où il aura pour condisciples, Jean-Luc Godard le futur cinéaste et son frère aujourd’hui médecin, Philippe Zeller devenu colonel de l’armée suisse, Roland Dufour aujourd’hui psychiatre et Christophe Baroni, philosophe et écrivain.

S’intéressant très jeune à la littérature, Emil choisit d’apprendre le latin et le grec ancien plutôt que l’anglais, souhaitant, comme un grand nombre de jeunes gens de son époque, devenir poète.

En 1946, les frontières à nouveau ouvertes, Marcel Dupertuis emmena ses pensionnaires vers l’Italie, visiter Rome, Naples, avant de passer une semaine au-dessus d’Amalfi, dans un petit village pittoresque accroché à la montagne.

Ils visitèrent Capri, Tarente, Pompéi, le Vésuve.

Le jeune homme étudiera ensuite deux ans au collège de Genève tout en demeurant à la pension Les Violettes où il se trouvait fort bien.



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Conversion




Un professeur de philosophie du Collège Calvin, un dénommé Huguenin, séduisant et beau parleur, communiste convaincu, parvint à convertir au marxisme une partie de sa classe.
Le jeune homme se laissa convaincre par la dialectique imparable de son professeur et privilégia dès lors une carrière de révolutionnaire professionnel, de libérateur des peuples à celle de poète.
En 1950, ayant déserté le Collège avant d'obtenir sa Matu, il quitta la Suisse à bicyclette, gagna Paris par le chemin des écoliers. Abandonnant son vélo à la consigne de la Gare de Lyon, le jeune Kurt-Émile vécut durant quelques mois au Quartier Latin, d'amour, de vin rouge et de poésie.
Dans les cafés du Boul'Mich, de Montparnasse et de Saint Germain-des-Prés, le futur Pierre Genève fit quelques rencontres décisives : Youki Desnos, Henri Espinouze, Jacques Arnal, Galtier-Boissière, Isidore Isou, Blaise Cendrars, Jacques Yonnet, Gigi Guadagnucci et bien d'autres. En leur compagnie il refit le monde et la littérature.
Puis, à moto ou auto-stop il bourlingua à travers la Vendée, la Normandie, la Bretagne, les Flandres, la Belgique et la Hollande avant de revenir sur Paris. Enthousiasmé par tout ce qu'il avait vu, ressenti, éprouvé au cours de ses vagabondages, il rentra à Genève toujours en stop, sans un sou vaillant, ayant abandonné la bicyclette qui appartenait à son beau-père détesté à la consigne de la Gare de Lyon car il ne disposait pas de la somme nécessaire pour la retirer.
En Suisse, il se refit une santé financière en travaillant ici et là durant quelques mois, sans parvenir à se fixer durablement.
Employé chez Coca-Cola, chez Vespa, chez Hofstetter Sports, aux éditions Connaître, il apprit beaucoup de choses sur le tas.
Dans chacune de ces places il reçut des propositions d'avancement, de plans de carrière intéressants, mais à chaque fois l'appel du large fut le plus fort et il repartait sac au dos, de plus en plus loin à travers le vaste monde.

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Années de bohème
Pierre Genève se targue d'être un pur autodidacte et assure n'avoir jamais de sa vie reçu le moindre diplôme, la plus modeste peau d'âne, même pas le certificat d'études ou son équivalent helvétique.
Communiste convaincu, il prêcha la bonne parole des lendemains qui chantent et convertit de nombreux amis au marxisme.
Il passa plusieurs années à parcourir le monde en auto-stop, bateau stop, voire avion stop, travaillant ici ou là dès que sa bourse était à plat, courant les filles et prêchant partout la bonne parole militante. En 1951, Pierre Genève parcourut l'Allemagne, la Scandinavie jusqu'au Cap Nord. Il voulut visiter l'URSS, la patrie des travailleurs, pour vivre au quotidien les lendemains qui chantent.
Son Visa refusé par deux fois, le jeune aventurier tenta de forcer le passage, une fois à partir de Berlin-Est, où il participa durant quelques semaines à la construction de la fameuse Stalin Allee, une seconde à partir de la Laponie finlandaise. Mais les deux tentatives échouèrent.
Ayant gagné la Grande-Bretagne à bord d'un cargo norvégien qui acceptait à bon compte des passagers sans le sou, il visita le pays jusqu'en Écosse, travaillant dans des fermes ou dans des pubs lorsque sa bourse était vide.
1952 fut l'année de son tour de la mer Méditerranée et de son incursion en Orient. Parti de Suisse toujours en stop par la Vallée du Rhône, il gagna Marseille, Barcelone, l'Andalousie, Tanger, traversa l'Algérie, la Tunisie, le Fezzan, la Lybie, l'Égypte, la Jordanie, la Syrie où il eut la chance de trouver un convoi de camions qui lui permit d'atteindre; Bagdad puis l'Iran, puis le Pakistan. Un vieux cargo grec le ramena en Turquie, d'où il regagna l'Europe via la Grèce et l'Italie.
1953 : Nouvelle tentative de visiter l'URSS. Cette fois Pierre Genève réussit son expédition en s'engageant comme messboy à bord du S/S Stureborg, un vieux cargo suédois qui allait chercher une cargaison de bois à Archangelsk.
Dès sa première descente à terre sur le sol soviétique, le jeune homme perdit toutes ses illusions quant aux "lendemains qui chantent" ! Il racontera ses impressions dans son ouvrage URSS sans visa.
Dans la foulée, disposant d'un livret d'inscrit maritime suédois, Pierre Genève gagna les Amériques où de nouvelles aventures l'attendaient.
Profondément déçu par la perte irrémédiable de ses illusions sur le socialisme réel, honni, insulté, vilipendé, agressé par ses anciens camarades du Parti du Travail, qui le traitaient de vipère lubrique et de traître, il se réfugia définitivement en France, sa nouvelle patrie, dès 1954.
Au lieu de faire carrière dans l'enseignement, comme il l'avait un temps envisagé, il ne reprit pas ses études, replongea dans la bohème parisienne et, à court d'argent, fut hébergé comme pion et "professeur" de latin et d'allemand sans titre à l'école Albert-de-Mun de Nogent-sur-Marne.
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Littérature alimentaire
En 1959, chez André Héléna, à Leucate, il rencontre Jean Bruce qui l'incite à écrire des romans policiers et d'espionnage, genre alors très à la mode. Il en écrira une cinquantaine notamment sous le nom de Pierre Genève, tout en écrivant à la chaîne des dizaines de livres de commande - policiers ou érotiques -, sous plus de trente pseudonymes, travaux qui lui permettent de vivre agréablement de sa plume.
En 1969, l'un de ses principaux éditeurs, Les Presses Noires, sur le point de déposer le bilan, lui doit quelques milliers de francs de droits d'auteur impayés
La patron de l'affaire, le sympathique Pierre Léopold, accablé par les créanciers et lâché par son associé, lui confie alors les clés de la maison.
Avec l'aide de son ami Michel Trécourt, conseiller juridique, Pierre Genève tente de redresser la situation, malgré son manque d'expérience dans la gestion d'une entreprise.
Michel Trécourt dépose le bilan des Presses Noires en douceur, avec Me Delépine comme administrateur judiciaire, obtient le concordat, et devient gérant de la SARL d'exploitation Eurédif, qui a pour mandat de poursuivre l'activité éditoriale des Presses Noires afin d'en sauver le fonds.
Pierre Genève dessine de nouvelles présentations, crée de nouvelles collections, dont l'une Aphrodite et son clone Cupidon, connaîtront un succès rapide. En moins de 3 ans, la situation est assainie et Euredif devient bénéficiaire.
Tout en continuant d'écrire et de publier des ouvrages sous différents pseudonymes, l'auteur dirigera de fait pendant une décennie la Sté Euredif dont il deviendra en 1977 le principal actionnaire. Le 1er janvier 1980, dix ans jour pour jour après le début de son aventure éditoriale, préférant la bohême aux affaires, Pierre Genève vendit toutes les parts qu'il détenait dans la SA Eurédif en pleine expansion, et se trouva pour la première fois de sa vie à la tête d'une modeste fortune.

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Nègre et polygraphe
De 1981 à 1987 Pierre Genève sera marchand de journaux et libraire à Montparnasse, à l'enseigne Les Muses du Parnasse.
Aujourd'hui, Pierre Genève prête occasionnellement sa plume à des personnalités ayant l'argent nécessaire pour rémunérer des professionnels écrivant à leur place. Il n'a pas honte de se proclamer nègre. Rappelons qu'en 1993, en France, près de 60 % des ouvrages publiés sont écrits par des "rewriters".
Pierre Genève a également été rédacteur en chef de diverses publications, directeur de collection chez différents éditeurs, notamment aux Presses de la Cité, avant de s'intéresser, au début des années 90, au paranormal, aux sciences occultes, aux mancies et aux mages, aux sectes, aux plantes, aux médecines douces, aux guérisseurs traditionnels auxquelles il consacre une revue critique : Science & Magie (aujourd'hui sur internet : www.science-et-magie.com).
En 1994, un de ses ouvrages, dont aucun éditeur ne voulut, fut publié à ses frais, en auto édition : Aloès la plante qui guérit.
Vendu en VDR (Vente directe par réseau), ce manuel devint un bestseller, et parut avec le même succès dans de nombreuses traductions et un nombre incalculable d'éditions pirates.

par François Pedrazzani



Mariage


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LES PSEUDOS DE PIERRE - 1931 - 2016
Nom officiel : 
Kurt-Emile Höhener (nom de sa mère) 
Emile Benz (nom de son père)
Emile Schmutz (nom de son beau père après le remariage de sa mère)
Ainsi, je naquis à Monaco en 1931, enfant de l'amour et du péché, fils d'un père catholique et d'une mère protestante, tous deux Helvètes, un dimanche à quatre heures du matin, un 22 novembre, à cheval entre le Scorpion et le Sagittaire. Déclaré sous le nom de Kurt-Émile Maino Höhener, les témoins figurant sur mon acte de naissance sont Émil Benz, mon géniteur et (illisible) le balayeur de la mairie.
Nom de plume :
Pierre Genève
Marc Schweizer 
Marino Zermac
Hugo Prince
Perry Blackton
Serge Laurac
Rejeb ben Sahli 

 etc, etc.



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1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Je découvre dans votre message un pseudo de Pierre Genève que je ne connaissais pas. il s'agit de "Perry Blackton". Pourriez-vous préciser d'où vous tenez cette info ? Est-ce Pierre qui vous l'aurait communiquée ?
    Merci par avance - A vous lire
    TontonPierre

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